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 There's a light even in the darkest nights

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AuteurMessage
Tarek S. Thompson

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Messages : 4
Date d'inscription : 01/12/2017

MessageSujet: There's a light even in the darkest nights   Mar 23 Jan - 11:35


There was a time...



Assis à la fenêtre de ma chambre, je projetai mon regard borgne au dehors, sur les arbres que le soleil faisait briller en se lissant dans les feuillages bruissant de la brise matinale. J'entendais la playlist de mes animés favoris derrière moi, très bas dans les profondeurs de la pièce chaleureuse et enveloppante. Je l'avais aménagée avec soin, avec ses rideaux relevés autour du lit king size à l'épais édredon de plumes aux draps chatoyants. Je savais que le oreillers étaient aussi accueillants que les bras de ma mère, s'enfonçant doucement sous le poids du corps, et j'aimais les enlacer pour me rendormir le matin, quand les rayons du soleil effleuraient ma paupière et que je profitais d'une petite heure de somnolence.
Un aquarium aux lumières de l'arc-en-ciel faisait briller les écailles fines de ses occupants, et le dressing s'ouvrait au fond à gauche, en face de la porte vers ma salle de bain privée. Il flottait derrière moi une odeur de lys, procurée par un bouquet posé sur la coiffeuse, et les murs étaient couverts de photos de ma vie passée, des bribes de souvenirs encadrées de guirlandes simples. Une étagère, au fond, se couvrait de mes séries de romans favorites et de yankee candles.
J'aimais cette chambre. J'avais acheté le cottage quelques années plus tôt, et conduire jusqu'ici, ce sanctuaire inconnu à mes proches, calmait mes nerfs comme rien auparavant.

Je passai une main dans mes boucles flamboyantes, et promenais une fois de plus mon regard sur le jour qui s'éveillait autour de l'habitation. Les fleurs sauvages avaient couvert les montagnes de reflets bleus, rouges et roses et je me sentais l'âme apaisée par cette atmosphère de calme innocent. Je laissais mes pensées voguer vers Lim, vers Mehdi, et me demandais à quoi ils étaient occupés en ce moment. J'avais commencé à perdre l'habitude de me réveiller seul, sans la sensation sécurisante des bras de l'agent russe autour de mes épaules. J'avais souvent l'impression qu'il pouvait me briser les côtes sans forcer, mais,étrangement, ça ne m'effrayait pas ; au contraire.
Si qui que ce soit d'autre que lui ou mon frère m'avait tenu ainsi, j'aurais certainement tué. Mais Lim ne me tiendrait probablement plus jamais contre lui...

Le soleil effleura mon nez d'un rayon solitaire, et je le fronçai sous l'effet de la douce chaleur, tournant mon regard vers le miroir de plein pied non loin et descendit de la fenêtre. Mes cheveux récemment coupé bouclaient n'importe comment, dans un style presque travaillé, et mes minuscules créoles d'or captaient la lumière sans aucune retenue. J'examinai mes taches de rousseur omniprésente avec une curiosité nouvelle, et souris timidement à mon reflet. Je ne me reconnaissais pas moi même. Sans mes piercings, sans la surcharge d'artifice, je me faisais l'effet d'un garçon sans envergure, qui récoltait le fruit bien mérité de ses excès. Mehdi m'évitait, et je ne le comprenais que trop bien. Notre relation dépassait un peu trop la fraternité ces temps ci. Mais je ne voulais pas me plaindre. Je savais que je risquais de perdre Lim, et maintenant, à moi d'assumer mes bêtises.

Mon reflet me renvoya l'image nette de mon visage vidé d'expression, des cernes noirs sous mes yeux vairons, et j'arrêtais mon regard sur la couleur ambrée de mon oeil droit ; factice. Amarok Ragna... Comprendrais-je un jour la raison de ces vies brisées, fracassées par sa seule volonté ou celle des marionnettistes derrière lui ? Pourquoi mon beau-père nous avait divisés ? Pourquoi ma mère n'avait pas fini par fuir avec mon père pour vivre une vie moins riche, mais plus heureuse ? Ma vie me semblait un puzzle abîmé, un puzzle que d'autres avaient assemblé pour moi, me laissant m'enfoncer dans la bêtise sans vergogne. J'aurais tant voulu revenir en arrière, courir dans le parc avec tous mes frères et soeurs, laisser Tan me soulever en riant et voir mon beau-père me sourire, une seule fois... Etais-je né pour souffrir et faire souffrir ? Y avait-il au dessus de moi des forces me poussant à blesser ? J'aurais tout donné pour avoir une réponse à cette question.




Je me détournais du miroir, et fermais les yeux pour chasser la larme qui gonflait au coin de mes cils. Je me rappelais encore la chaleur du soleil sur nous quand nous n'avions encore que quatre ou cinq ans, le rire de mes frères autour de moi, les cris ravis de ma petite soeur dans son berceau et les jappements joyeux des chiens au milieu de nous. Je revoyais le soleil à travers les branches des cèdres et des hêtres du parc, j'entendais encore le clapotis de l'eau de l'étang d'agrément contre le ponton de bois. Ma mère portais des robes légères, le bébé près d'elle, et elle nous criait des recommandations de sa voix attendrie. Je croyais que tout irait toujours bien. Je n'étais pas encore une petite peste, plutôt un petit sauvage.
Nous nous élancions, Mehdi et moi, à travers les buissons fleuris pour chasser les lapins et les petits animaux qui se réfugiaient dans l'immense aménagement paysager. Nous revenions couverts d'herbe et de feuilles, les joues rouges d'avoir trop rit et trop couru, et Krisna pinçait les lèvres mais laissait couler. Quel âge avions nous ? Tout au plus cinq ans, mais plus jeune je crois.

Je fondis en larme sans pouvoir l'expliquer, comme je ne me l'étais pas autorisé depuis trop de temps pour pouvoir mettre un nombre d'années dessus. D'un seul coup, je regrettai d'être ici tout seul et m'assis sur le lit les bras autour de mes côtes. La vie m'avait poussé à me couper de toute émotion, je me sentais perdu, et j'aurais tout donné pour avoir une mère qui entrerait brutalement dans ma chambre pour m'enlacer et me dire que tout irait bien. Mais mère était loin, mon frère jumeau détestait bien des choses de moi, et j'avais perdu l'homme que j'aimais par ma propre faute. Alors je fis quelque chose que je n'aurais jamais cru faire. Je pris mon téléphone sur la table de chevet, et appelais le numéro tout en haut de la liste, numéro que je m'étais toujours demandé pourquoi je l'avais enregistré. La tonalité sonna quatre fois, et j'entendis la voix de ma mère répondre avec un étonnement immense.
Tarek ? C'est toi ?
Mon coeur fit un mouvement étrange à savoir qu'elle se demandait même si c'était bien moi qui appelait tant nous nous étions éloignés avec les années, et je pris une inspiration au son de papier déchiré avant de répondre.
Maman... Maman, s'il te plait.. J'ai besoin de toi s'il-te-plait.
J'arrive.
Je ne m'étais pas attendu à ça. Ni à ce qu'elle raccroche. Ou à ce qu'elle me géolocalise pour me retrouver et roule des heures pour venir. Mais j'imagine qu'elle attendait désespérément cet appel depuis tellement longtemps qu'elle n'avait pas besoin de réfléchir beaucoup.
Je n'avais plus passé de nuit aussi éprouvante et apaisante depuis mon enfance.





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